|
Conférence sous le thème « Management et marketing artistique au Maroc : Vers quel avenir ? » Dans un esprit d’ouverture sur le monde environnant et afin de faire toute la lumière sur les tenants et les aboutissants de la gestion concomitante à la création artistique, l’ESCG des Affaires-Tanger a organisé les 8/9/10 Avril 2010 une semaine culturelle et artistique comprenant trois volets : Une conférence à l’hôtel El Minzeh, des ateliers de formation et une soirée marocaine.
Conférence sous le thème « Management et marketing artistique au Maroc : Vers quel avenir ? »
En harmonie avec l’évolution technologique en général, et notamment dans les domaines cinématographique, télévisé et radiophonique, le monde de l’art a été, ces dernières années, témoin d’un essor jamais connu auparavant. Une foison de productions (longs et courts métrages, films publicitaires etc.) cinématographiques ou séries télévisées sont réalisées annuellement. Pour approcher nos étudiants des coulisses du tournage, de la réalisation et de la production, des artistes de renom furent invités à prendre la parole par Mme BOUCHRA ABBADI, modératrice de la conférence. Ils contribuèrent, chacun selon son angle de vue particulier, à lever le voile sur le monde où ils évoluent à travers un regard, aussi lucide et objectif que possible, sur le parcours effectué, le rôle joué et la perception personnelle de leur art. Leurs témoignages constituent autant d’ingrédients indispensables à l’appréhension immédiate de ce monde mirifique : le cinéma.
Nadia ALAMI (Actrice) Issue d’une famille casablancaise, elle a commencé très tôt, au sein de sa famille, où elle faisait le clown ; elle fit ses études au lycée Paul Valéry, où elle montait sur las tables de la cantine et chantait Edith Piaf notamment. Plus tard, boulot, mari, enfants. Et, c’est la routine qui la pousse à rejoindre Philippe Morin et sa « Troupe de théâtre amateurs ». Elle participe à des ateliers pour les jeunes. Sa rencontre avec Farida BELYAZID, qui lui propose un téléfilm, tourné à Tanger et où elle joue un double rôle, fut déterminante. Elle enchaîne les films, rencontre Rachid Louali, avec lequel elle monte une « boîte », elle lui cèdera sa part ultérieurement. Ils produisent à leurs frais 3 courts métrages dont « Al marhoum » (le défunt) qui fut primé à maints festivals. C’est la consécration. Actuellement, à déguster dans « Lalla Manana » : elle y incarne Maria.
Abdelkrim DERKAOUI (Directeur de photographie, réalisateur) Natif d’Oujda, il a fait ses études de cinéma en Pologne (1965-1972). De retour au bercail, il entreprend une fructueuse carrière derrière la caméra en tant que directeur de la photographie. A ce titre, il s’illustre avec Jilali FARHATI, Farida BELYAZID, Hakim NOURI, Hassan BENJELLOUN, Saâd CHRAÏBI, Abdelkader LAGTAÂ… Il lui arrive de coréaliser ou de réaliser, « Les enfants terribles de Casa ». L’état des lieux est plutôt encourageant pour A. DERKAOUI « On est passé d’1 film par an (dans les années soixante) à 12 films par an actuellement. Avant, il fallait frapper à la porte, demander des tableaux à des amis peintres etc. » Aujourd’hui, l’Etat verse une « Avance sur recettes » qui varie de 2 à 5 Millions de DHS. « Insuffisant pour faire un bon film » estime A. DERKAOUI. Au producteur de se débrouiller pour le reste du financement. « Nous savons manipuler la caméra. Malheureusement, nous ne savons pas comment faire pour avoir de l’argent ! » D’où son appel : « Finissez vite vos études, pour venir nous aider ! » Et de renchérir « Nous souffrons du manque de scénarios d’une manière assez critique » Le mot de la fin : « Soignez votre culture générale et cinématographique » ingrédients nécessaires à une évolution de carrière dans le 7ème Art.
Aïda DIOURI (Costumière, collabore à la réalisation) Femme timide, femme discrète (Sa vie privée nous est livrée au compte-goutte : C’est la fille de Farida BELYAZID, elle a fait ses études de cinéma en France, son nom défile au générique de bien des films après le mot: costumière) Aïda DIOURI préfère aborder un aspect méconnu de la réalisation : le quotidien de l’artiste au Maroc. « On n’a pas d’argent, avoue-t-elle. Les comédiens touchent un cachet fort modeste » et se voient obligés de faire « de la radio, de la publicité pour pouvoir boucler l’année».Ni retraite, ni sécurité sociale ; mais, depuis un an, ils bénéficient des soins de santé. « Le manager est attendu avec plaisir » souligne-t-elle.
Concernant la production cinématographique « Les réalisateurs doivent s’autoproduire, c’est très dur ». Dans la pratique, en plus du manque d’argent, s’ajoute le manque de disponibilité. Réaliser un film « est une vraie gestion : il faut payer les comédiens, le matériel, le logement, les techniciens … » Conséquence inévitable dans pareille situation « On a du mal à se concentrer sur le tournage ».
Bon à savoir : si le tournage d’un film ne demande que 6 semaines (3 semaines pour un téléfilm), sa préparation nécessite 3 ans : devis, recherche d’acteurs, scénario etc. « C’est avec un bon scénario qu’on arrive à avoir des subventions (avances sur recettes) au CCM (Centre Cinématographique Marocain), des coproductions avec différentes chaînes TV, ou à l’étranger (rencontres de producteurs internationaux à l’occasion des différents festivals auxquels les réalisateurs marocains sont parfois conviés).
Samir CHAFACHAF SOUIRI (Producteur) Monsieur Argent est issu, lui, d’une grande famille d’artistes d’Essaouira : Tayeb SEDDIKI, Abderrahim SOUIRI, etc. Dès l’enfance, il a été abreuvé non seulement d’art, mais encore de marketing et de management, ce qui l’a conduit, bien évidemment, à la Sup. de Co. à Marrakech (1988-1992). Son métier : Communication, marketing et publicité. Il monte sa boîte avec son frère, lauréat de l’ENCG d’Agadir. Actuellement n° 1 Au Maroc pour le Marketing Direct. « Le marketing cinématographique doit être considéré comme… un marché marketing classique dans lequel le film est considéré comme un réel produit de consommation au-delà d’une ‘pure’ œuvre ». En guise de réponse à la question posée « Management et marketing artistique au Maroc : Vers quel avenir ? », M. Samir CHAFACHAF SOUIRI lance à l’adresse des étudiants « Moi, je dirais, l’Avenir, c’est vous ». A cet effet, il conviendrait de « …suivre l’évolution des choses au Maroc, la culture, le cinéma. Il est temps (pour les jeunes d’aujourd’hui) de participer ».
«Ammi Driss» Les interventions des quatre invités de marque furent suivies d'un vibrant hommage rendu à un des comédiens les plus appréciés aussi bien par les parents que par les étudiants. C’est un homme, un vrai, au sens propre comme au figuré, qui a voué sa vie aux enfants, il s'agit de Driss KARIMI, plus connu sous le nom de «Ammi Driss».
«Ammi Driss», évoqua tout d’abord ses débuts difficiles. Enfant, il fut brimé par un policier intraitable et jura de devenir comédien juste pour permettre aux enfants de pénétrer dans l’enceinte de la radio et télévision marocaine, ce qui lui avait été refusé. Parole tenue « Ammi Driss ». Comme quoi, la motivation est le premier facteur de la réussite. Il réussit si bien, par la suite, qu’il devint l’idole des enfants et ses émissions étaient attendues par les jeunes de 7 à 77 ans. A propos de ce qui se passait derrière les coulisses, « Ammi Driss » fut laconique « Contrairement à aujourd’hui » c’était le temps des vaches maigres « J’étais à la fois acteur, animateur, réalisateur et parfois producteur ».
Des projets d’avenir ? « Ammi Driss » les 66 ans, goguenard et indulgent, rétorqua « Vous verrez bientôt mon prochain spectacle. Je me produis avec ma marionnette, nous formons un duo. Je dialogue avec elle -je fais le ventriloque- une bonne dizaine de minutes sur scène ».
Juste avant la pause-café, de nombreuses et pertinentes questions furent posées. Une seule fut éludée, elle soulevait le problème du « piston » dans le domaine artistique. Certaines questions reçurent des réponses satisfaisantes : Les clés de la réussite ? Rester naturel, selon Nadia ALAMI. Filmer une pièce théâtrale ? Faisable, pour Abdelkrim DARKAOUI, mais, cela nécessite beaucoup de répétitions. Dans quelle mesure le métier d’acteur contribue-il à l’épanouissement de l’individu ? Enormément. A quelle adresse, quelle « porte » frapper, pour nos étudiants qui voudraient intégrer l’univers cinématographique ? Consulter Internet, le CCM, répliqua Aïda DOUIRI.etc.
Des questions demeurent, cependant, sans réponse. Comment soulever des fonds ? Comment se fait la gestion de l’argent ? Et puis, serait-il judicieux pour des écoles telles l’ESCG de concevoir, de planifier, à courte échéance, des modules de formation, pour les étudiants qui le désireraient ? Objectif : pourvoir la scène culturelle et artistique en marketeurs, à même de mener des actions de sponsoring et de mécénat concourant à la satisfaction des besoins en argent - Justement, c’est l’argent qui fait cruellement défaut- (Aujourd’hui plus que jamais, d’autant plus que notre pays subit de plein fouet les contrecoups de la crise économico-financière, en dépit des propos rassurants des autorités) ce qui permettrait aux réalisateurs, en se déchargeant de leurs soucis pécuniaires sur des managers aguerris- de se focaliser sur leur activité première : la réalisation d’une œuvre d’art. N’est-ce pas la meilleure réponse à la préoccupation de nombreux réalisateurs, soulignée par Aïda DOUIRI ?
A la fin de la conférence, Driss KARIMI, ou «Ammi Driss» si vous voulez, à l’instar des autres conférenciers, reçut un cadeau et un prix spécial des mains d’un étudiant de l’ESCG des Affaires de Tanger, au nom de M. Abdeslam CHRAÏBI, directeur de l’école, de Mme BOUCHRA ABBADI, modératrice et « chef d’orchestre » de l’équipe organisatrice de la semaine culturelle, du corps professoral et administratif ( clin d’œil à Narjiss RABIE ANDALOUSSI et Fatima Zohra et de l’ensemble des étudiants. Cette conférence aura-t-elle l’écho qu’elle mérite ? Nul doute qu’intervenants, organisateurs et auditoire relayeront auprès de leurs familles, amis, camarades ou collègues, l’apport indéniable à la culture, d’une manière générale, au cinéma, en particulier, des enseignements reçus au Minzeh hôtel.
Ateliers de formation
Deux ateliers furent proposés aux étudiants : « Comment monter et conduire un projet artistique ? » et « L’expérience : Festivals de Tanger ». Complaisamment, Abdelkrim DERKAOUI et Samir CHAFACHAF assistèrent à la gestation d’une œuvre théâtrale, en assistant aux préparatifs d’une séquence, puis se prêtèrent au rituel questions-réponses en vigueur à chaque passage de personnalité à l’ESCG.
La soirée marocaine
En guise de clôture, une soirée typiquement marocaine fut proposée samedi soir à « Saâda », juste après le classique Réal Madrid-Barcelone, terminé à l’avantage des catalans. Deux groupes musicaux animèrent la soirée. Le premier « Abnaâ Zeriab », du Conservatoire Musical de Tanger, charma le public avec les incontournables « Chams Al Achi », « Bent Bladi » entre autres. Le second, « Daqaa Marrakchia » au rythme endiablé, fit vibrer jeunes et vieux. Mais, le clou du spectacle était le défilé, ou plutôt les 2 défilés de mode. De splendides mannequins, la fine fleur de l’ESCG, défilèrent une première fois revêtus de djellabas nouvelle tendance, puis portant Caftans « Fashion attitude » pour les filles et Djabador « New style » pour les garçons, le tout revisité par Mme Rabia CHENTOUF, la maman de BELHACHMI Amina, sur une chanson de Oum Kaltoum « Ana fi N’tidarek », portée par la voix de la nouvelle coqueluche marocaine Hatim IDAR.
ECLAIRAGE (Une étoile en gestation) : Née le 15 Juillet 1991, Kaoutar GARTI entre au Conservatoire de Musique de Tanger à l’âge de 7 ans. Après le solfège de base, elle opte pour le violon, instrument avec lequel elle excelle. (Les mélomanes n’auront pas manqué de déguster sa voix mélodieuse quand elle a chanté « حبك لقمر » (Habek Laqmar). Actuellement, en 1ère année à l'ESCG, où elle compte poursuivre sa formation académique (bac+5), puis 2 masters et doctorat, notre jeune et talentueuse étoile ne demande qu’à briller.
(A publier, dans un 1er encadré)
Comment gérer une carrière artistique.
Un artiste indépendant ne peut plus se contenter d'être un simple artiste. Il se doit de porter plusieurs casquettes : producteur, tourneur, attaché de presse... Pour réussir, un bon management est primordial. Beaucoup d'artistes ont les capacités pour le faire, mais par manque de temps et d'expérience, il leur est souvent bien difficile de tout gérer, comme l’a souligné Mme Aïda DIOURI. Il est alors temps de faire appel à un manager. On sent que c'est le moment d'en recruter un, lorsque l'on arrive à un point où la partie business devient aussi importante que la partie artistique. A un certain niveau, on passe plus de temps à rencontrer des programmateurs, des journalistes, des directeurs artistiques... qu'à tourner. C'est là que le manager entre en jeu et peut faire que tout s'accélère.
Le manager artistique
Dernièrement, le nombre des personnes travaillant dans le secteur artistique tels les compositeurs, les entrepreneurs de spectacles, les réalisateurs, les distributeurs et les artistes - interprètes a sensiblement augmenté au Maroc. Suite à cette évolution et à la diversité des occupations des artistes, les professionnels d’entre eux devraient inévitablement recourir à une personne spécialisée en management pour les assister et les aider à organiser l’ensemble de leurs affaires artistiques. La présence d’un manager dans la vie de l’artiste professionnel est devenue une évidence, de sorte que certains se demandent sur la possibilité de l’évolution de l’artiste, sur le plan professionnel, en l’absence de son manager.
Le management artistique est plus qu’une simple profession de gestion. Le manager doit jouir de maintes qualités, d’une large expérience, et d’un niveau culturel élevé (dans les divers domaines et notamment dans ceux artistiques, cinématographiques, de commercialisation, de gestion, voire même financiers et juridiques ...). Par ailleurs, il doit jouir de qualités spécifiques : d’un sens artistique distingué et d’expériences artistiques l’habilitant à exécuter les nombreuses tâches ramifiées qu’il doit prendre en main lui permettant de propulser l’artiste vers la célébrité très rapidement.
(A publier dans un 2ème encadré)
Management culturel
De nos jours, les employeurs recherchent plus que jamais les cadres polyvalents. Dans cette perspective, l’ESCG des Affaires-Tanger élargit son champ d’action pour promouvoir la culture générale sous toutes ses « couleurs » : Cinéma, théâtre, peinture, musique…Nos étudiants sont invités à rejoindre les différents clubs existants (L’éventualité de créer de nouveaux clubs serait une bonne initiative), lors d’activités parascolaires, et à participer aux ateliers de formation ponctuels, tels ceux programmés pendant la semaine culturelle et artistique 8/9/10 Avril 2010. Ainsi, outre une formation rigoureuse en Commerce et Gestion, notre établissement favorise l’éveil artistique des étudiants, avec tout ce que cela implique (sensibilité, imagination, rêve...interprétation, nouvelles perspectives, création..). Par ailleurs, le fait de responsabiliser les étudiants, lors des préparatifs organisationnels de ces événements, ne manquera pas d’impacter positivement sur leurs horizons, leur avenir. Leur soif d’apprentissage et leur engagement indéfectible, les conduiront inéluctablement à maîtriser tous les aspects du management culturel. Ainsi, sont-ils préparés aux métiers de : manager culturel, producteur de spectacles, chargé de programmation, chargé de relations publiques, attaché de presse, chargé de diffusion, concepteur et organisateur d’événements. Subrepticement, ils seront amenés à :
1- Connaître l’environnement professionnel : développement du spectacle, financements publics, organismes professionnels, lieux de diffusion de spectacle etc.
2- Maîtriser le management et la gestion de projets culturels : gestion, comptabilité, élaboration de budgets, recherche de financements, mécénat, partenariats, cadre administratif et juridique, diffusion et commercialisation, gérer les équipes de travail, logistique et coordination, etc. 3- Elaborer une stratégie de communication culturelle : marketing culturel, techniques de relations presse, rédaction de supports de communication, techniques de relations publiques, prospection, etc.
4- Comprendre les enjeux de la création contemporaine : Conception et élaboration d'un projet culturel, appréhender l’interdisciplinarité des propositions artistiques actuelles, etc.
|